Archive for the Instantané Category

Les dernières chaussures de mon père.

Posted in Instantané with tags , , , on février 11, 2012 by warzalaworld

Ce furent les dernières chaussures de mon père. Deux jumeaux marqués par ses parcours et ses hésitations. Debout, elles accompagnaient ses pérégrinations, assis, elles hébergeaient les agitations de ses orteils angoissés. Une sorte de portrait en pieds posthume.

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De bien bons vœux

Posted in Instantané with tags , , , on janvier 13, 2009 by warzalaworld

Le maire présente ses vœux à la presseCe lundi, je me suis rendu à la mairie de Paris suite à l’invitation du maire pour ses bons vœux à la presse. N’étant pas journaliste mais ayant commis une bande-dessinée sur le premier des édiles de notre capitale, je m’y suis rendu avec curiosité et un certain sens du devoir (on m’invite, je viens). Là, dans un grand salon doré dont le volume contiendrait plusieurs appartements de ministres, un grand nombre de professionnels de la presse attendaient l’arrivée du maire en se chuchotant à l’oreille des commentaires de métier. Au milieu de ces têtes parfois connues (des icônes de l’information vues à la télé ou bien d’anciennes rencontres), je me faisais mes petits commentaires (ah, tiens, elle est plus petite que je ne pensais, ohlala, il est drôlement ridé…) quand je rencontrais Thomas, mon comparse auteur de la BD qui me valait d’être invité là. Thomas, lui est un vrai journaliste. Spécialisé dans le monde politique, il m’explique à chaque fois les détails de ce qui se trame sous mes yeux de spectateur ingénu.

Nous étions donc en train de causer politique et dessin quand est arrivé le maire. Il a salué la foule, a regretté quelle fusse si loin de lui (un petit fossé de quelques mètres le séparait des premières caméras) et s’est lancé dans un monologue pas du tout improvisé et bien convenu d’homme public. L’actualité chaude du Moyen-Orient y tenait aussi sa place ainsi que quelques commentaires sur les débordements d’un humoriste, le tout saupoudré d’une indignation de bon ton. C’était très professionnel. Sont venues alors quelques questions dont on pouvait s’attendre, venant de la presse nationale, qu’elles portassent plutôt sur la récente débâcle de notre maire dans sa candidature à la tête de son parti que sur les détails de la gestion communale. Après encore une ou deux questions sur la chaude actualité sus-nommée est venu le signal de la charge au buffet. À peine l’invitation était-elle lancée de se servir un verre et de déguster un petit four que les nappes blanches étaient prises d’assaut par les mains avides d’habitués des mondanités.

J’ai fort heureusement pu goûter au champagne offert par le maire, j’étais content. S’en sont suivies quelques haltes et salutations de circonstance. Accompagné de mon guide, je pouvais presque me croire important. La dernière étape m’a ammené à serrer la main de notre hôte, il n’en fallait pas plus pour que je me dise qu’il était temps pour moi de m’en aller. Mais, à peine avais-je franchi le seuil de ce beau salon que le regret de n’avoir pas dessiné le moindre croquis sur le petit carnet que j’avais emporté me taraudât. Rahhh, paresseux va, tu pourrais au moins garder une trace de cet instant! Je sortis donc mon mini carnet et dessinai cet instantané de l’événement. Au premier plan, me cachant l’élu et l’essaim qui l’entourait, se trouvaient d’improbables vieilles dames qui semblaient autant journalistes que moi. Leur verre à la main, elles conversaient chiffons à ce que j’ai cru comprendre. Ce croquis terminé, Thomas est venu me rejoindre et nous sommes partis. C’était mon instantané du jour dans le trépidant monde politique parisien.

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